L’objectif de cette session des Assises est de se projeter dans le futur pour imaginer l’avenir du deux roues motorisé … sur la base des avancées technologiques et des évolutions de la réglementation annoncées. En effet, on voit à quel point les réglementations qui nous affectent aujourd’hui relèvent de décision prises il y a parfois plus d’une décennie (normes euro moto : 1997, permis A2 : 2005, gants : évoqué dans le rapport Guyot dès 2008, plaques : CISR de 2011 (mais devait au départ être des plaques format A4) Aujourd’hui nous connaissons les normes et réglementations en cours d’adoption, nous savons les tendances de la société pour la prise en compte des questions environnementales, nous devinons les technologies en cours de généralisation (véhicules de plus en plus "autonomes" et connectés...) et pouvons imaginer leurs applications dans le domaine routier. Avec l'aide d'invités spécialistes de ces questions, nous allons tenter d...
Alors voici mes commentaires concernant les différents élément qui nous concernent, de façon plus ou moins directe :
RépondreSupprimer- sur le LAPI, rappelons qu'initialement, ce systeme a été présenté comem permettant de lutter contre le vol. on a joué sur les bons sentiments, mais rapidement, cela a dérivé vers la verbalisation des conducteurs. Depuis ce diaporama par exemple, ce systeme a été étendu pour verbaliser les stationnements génants, et même les stationnements impayés.
- les radars de passage à niveau : il faut savoir que le radar verbalise, en milieu urbain, à partir de 3 secondes après l'allumage des feux clignotants. Or, à 50 km/h et compte tenu des temps de reaction, il est impossible de s'arreter en 3 secondes. Dans mpon département, il y en a un dans une zone 30. Ce sont majoritairement des camions qui se font attraper, car ils ne peuvent s'arreter à temps.
- réalité augmentée : j'ai un doute sur notre capacité physiologique, notamment sur la capacité de nos yeux à passer en vue de près/vue de loin lorsque les 2 éléments sont dans le même axe. En particulier en moto, puisque l'écran est très proche de nos yeux.
- ecall : c'est un peu curieux de dire qu'on veut diminuer le délai d'intervention des secours, quand dans le même temps on ferme des casernes de pompiers, des hopitaux, qu'on engorge la circulation en vilel (rappelons qu'un allongement des temps de transport en ambulance a été constaté suite à la fermeture des voies sur berges à Paris). Il est aussi à craindre une multiplication des fausses alertes
- systeme d'alerte de vitesse excessive en virage : sur quoi va-t-on se baser? Suis-je capable de prendre le virage à la même vitesse que Jean Manchzeck? Si on se base sur sa vitesse, le systeme ne s'allume pas, et je me met au tas. Si on se base sur mes capacités, ça sonne sans arret sur sa moto, et du coup il n'en tient plus compte jusqu'au jour où il aurait du.
- détection d'angle mort : déjà, cela implique d'avoir mis son clignotant, ce qui commence déjà mal...Ensuite, cela détecte une fois dans l'angle mort, ce qui risque d'être déjà trop tard en cas de différentiel élevé
fred89
Concernant la majeure partie des systemes intégrés au véhicule et permettant en theorie d'eviter l'accident, il est à craindre un nouveau relachement des comportements, les conducteurs se reposant sur la technologie. Un petit exemple : j'ai maintenant une voiture avec un radar de recul. Insidieusement, j'ai tendance à ne plus regarder derrière quand je recule, j'ai tendance à me fier au bip bip. Sauf que du coup, je n'anticipe plus ce qui arrive de 3/4 arrière.
RépondreSupprimerQuid aussi des couts vs le gain espéré? il se vend 2 millions de voitures par an. Si le surcout est de 200€/véhicule, on arrive à un cout de 400 millions d'euros annuel. Quel gain en face? Cela représente l'équivalent de 1 millions de stages de perfectionnement prise en charge à 100%. Soit "offrir" un stage à l'ensemble des conducteurs au cour de leur vie. Rappelons aussi qu'on nous promettait monts et merveilles avec l'arrivée de l'ABS. Or, les statistiques disponibles auprès de l'AMDM ne montrent pas une sinistralité moins élevée pour les motos avec ABS, bien au contraire.
pour les systemes intégrés à l'infrastructure routière, il apparait difficile d'équiper l'ensemble de notre réseau (1 million de km). On ne pourra donc équiper que les axes principaux. Or, c'est le réseau le moins accidentogène.
Tout cela apparait comme des solutions très couteuses quand beaucoup de causes d'accidents ont des causes bien plus basiques. En France, on a 2 fois plus d'accidents dus à l'alcool qu'en Allemagne. Le CEREMA publie des recommandations en matière d'infrastructures qui sont totalement ignorées des aménageurs.
On peut se demander qui pousse à la roue pour que tous ces systèmes soient développés. L’État passe son temps à couper des crédits de partout, et pourtant il finance des études dans ce domaine alors que cela ne pourra avoir des effets (sil y en a) qu'à très long terme. Pourquoi cet intérêt?
fred89
enfin, pour terminer, faisons le lien avec 2 des 4 rapports présentés par le comité des experts au CNSR :
RépondreSupprimer- " Les défaillances d’attention en conduite » Ce rapport examine les voies et moyens pour prévenir les différentes formes de distraction au volant en insistant sur les distractions dues aux connectivités." : et si on commençait par arrêter d'en ajouter. Ona tous en tête la puv d'Opel avec sa Corsa qui propose une connexion WIFI. Qui bien sur ne sera utilisée que par les passagers ou à l'arrêt. Mais bien sûr....
J'ajouterai que le portable est en train de devenir un probleme énorme, on a un phénomène qui relève de l'addiction. Quand des jeunes embauchés se font allumer à répétition par leur chef parce qu'ils utilisent leur telephone pendant leur temps de travail, mais qu'ils continuent, je ne vois pas ce qui pourrait les dissuader de le faire au volant.
On peut aussi évoquer la nouvelle ktm125 duke qui propose de recevoir des appels. Et cette moto cible les jeunes, ça promet pour l'avenir.
- "Somnolence et risque accidentel » Ce rapport présente la somnolence comme facteur de risque accidentel sur la route et examine les apports des technologies embarquées pour évaluer les degrés de somnolence et de vigilance." et pour cause, c'est même la première cause d'accidents sur autoroute. Or, il apparait que plus on a une vitesse basse et stable, plus le risque de somnolence est élevé : http://www.largus.fr/actualite-automobile/la-vitesse-remede-a-la-somnolence-879368.html
Donc en résumé, avec les régulateurs et cie, on favorise la somnolence. Et on va ajouter d'autre bidules électroniques pour contrecarrer les effets pervers des premiers. Un peu schyzophrène tout ça...
fred89